Stéphane Gauvin, professeur titulaire au Département marketing de l’Université Laval a donné la conférence Bâtir des relations à l’ère du Web social chez Infopresse. Voici l’essentiel de sa présentation.

L’Internet est stable. Il est arrivé à maturité. On ne voit plus d’évolution du taux de pénétration, qui plafonne aujourd’hui à 70 %. Le temps qui lui est consacré est stable lui aussi. Et les ventes en ligne semblent aussi être arrivées à un point d’assise. Cependant, au-delà du calme qu’indiquent les chiffres, une bataille de prédominance à lieu entre de grands sites tels que Google, Yahoo, Time Warner, etc.

Revenons à peine quatre ou cinq années en arrière. On aurait alors douté que des gens ordinaires, travaillant bénévolement, auraient pu battre en popularité les plus grandes entreprises qui engagent des armées d’experts. Pourtant, aujourd’hui, les sites de référence Encarta et Encyclopedia Britanica sont de moins en mois fréquentés alors que Wikipedia s’envole.

Durant la même période, des géants apparaissent sur les écrans radars : YouTube en 2006, Facebook en 2007. Les réseaux sociaux s’étendent en moult déclinaisons : blogues, fichiers balados (podcasts), syndication (Google Reader, iTunes), sites de partages de liens (Delicious), de textes (Digg), d’images (Flickr), microblogues (twitter, Jaiku, Pownce)…

En 2005 on a vu émerger la notion de Web 2.0 qu’on pourrait faire coïncider avec le moment où les sites sociaux ont démarré. Les technologies d’application Web ont permis de changer la donne et d’ouvrir de nouvelles possibilités. Désormais…

* les utilisateurs contribuent à un projet commun
* la valeur réside dans les données
* on tolère le perpétuel bêta
* on agit dans un esprit de coopération
* on pense plateformes multiples
* on capitalise l’effet réseau
* on génère du contenu réutilisable

Il existe en parallèle au Web 2.0 une notion de Marketing 2.0 dans laquelle la valeur est co-créée par le consommateur. On n’interroge plus un partenaire, on l’écoute. Comme à l’intérieur d’un couple en fait! On ne l’inonde pas de pub, on dialogue avec lui. Et finalement, on ne vend pas, on crée ensemble une solution. Divers effets de masse (pas toujours maîtrisables) viennent galvaniser ces méthodes tels que le WoM (word of mouth), pas toujours facile à activer, et le Buzz, pas forcément positif, formant le marketing viral de l’Internet.

Et la bataille de prédominance continue. Aujourd’hui, Second Life décline, alors que Facebook plafonne.

Et de nombreux blogues sont aujourd’hui laissés en friche. Après une certaine période, les gens en ont marre du bénévolat. Les contenus générés à 100 % par les utilisateurs s’essoufflent. Les avantages du contenu généré par les utilisateurs sont clairs : on bénéficie d’une croissance phénoménale et de la critique d’un bassin d’utilisateurs d’une grande diversité. Cependant, comme on peut en voir de multiples exemples, asseoir son entreprise exclusivement sur un apport public peut être dangereux.

Quelques leçons à tirer de ce monde en mutation :

1. gérer sans chercher à tout contrôler
2. oublier la publicité traditionnelle
3. trouver sa voie, puis sa voix
4. communiquer en adoptant le langage adéquat de votre public
5. créer et générer du contenu, puis le laisser percoler
6. faciliter les liens de partage

Collectif des collaborateurs de 90 degrés

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