Les pornographes sont les meilleurs en marketing web. « Meilleurs que n’importe quel client, meilleurs que n’importe quelle agence », précise Carl Charest de BV! Média. Mon collègue Jonathan Bergeron est d’accord.

La discussion a été animée, mais nous nous sommes rapidement entendus : peu importe si on est pour ou contre la porno, peu importe si ce type de contenu nous intéresse ou nous lève le coeur, ceux qui en font le marketing ont la réputation d’être parmi les meilleurs, voire les meilleurs.

Et ce, depuis le début du web!

A titre d’exemple, ce sont les pornographes qui ont été les premiers à utiliser les pop-ups. Ils ont su tirer profit du courriel mieux que quiconque. Ils n’ont pas inventé le pourriel, mais c’est tout comme! Même chose pour les programmes d’affiliation. Et aujourd’hui, ils pourraient en apprendre beaucoup en SEO et SEM à la plupart des spécialistes montréalais en SEO et SEM! La liste est longue…

Pourquoi réussissent-ils constamment à être meilleurs? Nous avons tous quelque chose à apprendre d’eux. Voici trois idées qui s’appliquent certainement à votre entreprise.

Idée no 1 : Risquer pour apprendre

« Je ne peux pas prendre le risque que showbizz.net soit banni de Google », me disait Carl. Donc pas question pour lui d’utiliser des techniques plus ou moins obscures pour promouvoir ce site. Je prends la même position prudente avec mes clients. Si je fais une recommandation, c’est que j’ai confiance que ça va fonctionner… sans risquer la catastrophe!

Mais limiter les risques nous prive d’apprentissages.

Les pornographes voient les choses autrement. Ils ne mettent pas tous leurs oeufs dans le même panier. Souvent ils n’ont pas un seul site web, ni quelques-uns, mais des centaines, voire des milliers. Ils en lancent 20 à la fois, chacun contenant de petites différences qui influencent l’acquisition et la conversion. Google en bannit un parce qu’une limite a été franchie? Pas grave, il en reste 19…

Comme organisation, rapidement ils apprennent ce qui fonctionne et ne fonctionne pas pour eux. Puis, étant donné qu’ils automatisent leurs déploiements, rapidement ils appliquent ces apprentissages à l’ensemble de leurs sites.

Les agences web font la même chose lorsqu’ils appliquent à un client les apprentissages faits avec un autre. Mais le rythme est limité par la capacité des clients à prendre des risques.

La solution? Réserver 15% du budget annuel pour tester des nouvelles idées.

Voyez cela comme un investissement dont le retour est un apprentissage, et non un revenu direct. Une idée fonctionne pour vous? Appliquez-la à l’ensemble de vos projets, et calculez le ROI de cet apprentissage à partir de ce même ensemble.

En d’autres termes, instaurez une culture de l’innovation. Mais j’hésite à écrire « innovation » parce que c’est un mot galvaudé, et comme n’importe quel mot galvaudé il est souvent utilisé pour ne rien dire et ne rien faire.

Quelle portion de votre budget 2010 servira à tester des nouvelles idées?

Idée no 2 : Tolérance zéro pour les excuses

Leur univers est 100 % web. Ils vivent ou meurent sur le web. Tous les concurrents ont accès aux mêmes clients potentiels et aux mêmes outils, pour relever les trois mêmes défis :

  1. Rejoindre les clients.
  2. Répondre à leurs besoins (ce qui, dans le cas de la pornographie, est la partie qui me dégoute souvent).
  3. Les convaincre de sortir leur carte de crédit.

Pour eux, le succès est très facile à mesurer. Oubliez le nombre de followers sur Twitter et autres buzzwords du jour. Oubliez Google Analytics. Le succès se mesure par la quantité d’argent qui entre et qui sort du compte de banque.

Et si le succès n’est pas au rendez-vous, les échecs ne peuvent être camouflés derrière des excuses de type « si au moins nos vendeurs en succursale étaient mieux formés… mais ce n’est pas mon département » ou « il a plu tout le mois de juillet, on ne peut rien y faire ». Et contrairement aux agences, ils ne peuvent pas blâmer leur client!

Vous voulez performer sur le web? Instaurez cette idée dans votre culture d’entreprise : le monde est immense, le potentiel est là, si nous ne réussissons pas à atteindre les internautes, c’est que nous travaillons mal.

Idée no 3 : Gestion « dot com »

L’industrie de la pornographie est peuplée d’entreprises dont les présidents étaient encore récemment des adolescents boutonneux qui bidouillaient des sites web dans le sous-sol de leurs parents. « Ils avaient des jeans trop grands et une casquette de travers, mais ils ont fait des millions », dit Jonathan. Aujourd’hui, ils ont 30 ans. Ils n’ont jamais eu de réflexes hérités de l’imprimé ou de la télévision. L’idée d’un plan d’action sur trois ans leur paraît aussi absurde que d’utiliser un télécopieur.

Je parie même que la moitié d’entre eux n’ont jamais utilisé de télécopieur…

Et le plan d’action? Trois mois est une durée suffisante pour eux. Leur plan rédigé en novembre 2009 se base sur les apprentissages faits en octobre 2009, et s’applique à la période allant de décembre 2009 à février 2010. En mars, ils se seront déjà posé d’autres questions, ou ils auront trouvé d’autres réponses.

Ce que nous observons dans les entreprises plus « normales » : le plan d’action rédigé en novembre 2009 se base sur les apprentissages faits entre le Q4 2008 et le Q3 2009, puis s’appliquera jusqu’au Q4 2010. Deux ans peuvent donc s’écouler entre l’apprentissage et son application.

La conséquence est très importante. De très nombreuses entreprises se demandent aujourd’hui ce qu’elles doivent faire dans les médias sociaux pour ne pas rater le train. Je leur réponds : « Mais où étiez-vous au Q2 2007 quand Twitter et Facebook étaient sur tous les radars? Allez-vous attendre 2011 pour apprendre que la réalité augmentée existe, puis 2012 pour vous demander comment cela peut servir vos objectifs d’affaires? »

Je parie que la moitié des présidents de l’industrie de la pornographie ont non seulement jamais utilisé de télécopieur, mais discutent sérieusement de réalité augmentée depuis plus d’un an. On peut déjà prévoir qu’ils seront parmi les meilleurs.

8 réponses à “Pornographie et marketing Web : trois idées pour votre entreprise”
  1. LEFORT pierre dit:

    J’aime ce genre de sujet de bon matin =p

    Ce sont les premiers dans le web qui ont fait évoluer la culture web

    » Référencement naturel ( organique n’est pas trop approprié sur le sujet) :
    Bien avant google ils ont sû indexer de manière naturelle leur page d’accueuil avec des moteurs comme Altavista
    Leur technique ? placer des milliers de mots couleurs typo noir sur un fond noir…liste de porn stars ou toutes les positions les plus farfelues…

    » Diffusion viral :
    Bien avant yahoo groups ou sympathico, les webmestres recrutaient et postaient manuellement dans les forums de Multimania ou les canaux IRC…

    P/

  2. Un des plus grands freins à l’innovation dans la grande entreprise est la culture qui ne donne pas la permission de se tromper parfois. On garde les recettes connues, on reste dans la zone de confort et on décide tout par comité. Ainsi, si ça ne marche pas, la faute ne retombera pas sur soi. Un vieux dicton en TI disait que personne n’avait perdu son emploi en choisissant d’acheter IBM.

    Pourtant, pour faire mieux que les autres, il faut faire différemment et ceci implique des risques. Qui dit risques dit échecs occasionnels. N’est-ce pas Edison qui affirmait qu’il avait découvert 1000 façons de rater une ampoule de lumière avant de trouver comment en réussir une.

    L’important dans la gestion des risques, ce n’est pas qu’ils soient à zéro mais qu’ils soient à un niveau raisonnable et que les apprentissages qui en découleront soient profitables.

  3. Excellente transposition des enseignements d’un milieu tabou dans le marketing web a celui des entreprises classiques.
    La seule fois de ma vie ou j’ai osé tenir ce discours à mon PDG qui me demandait comment faire plus de fric avec internet (c’était une banque privée !!!!), je crois qu’il m’a définitivement pris pour un pervers … lol

    PS Pierre : Emile était là aussi… un grand moment de solitude sur le coup et après la crise de rire ! looool

  4. LEFORT pierre dit:

    @ Ludo
    ahahhah c’est pas vrai tu as osé avec Émile ???? lol =p

  5. En un mot, les pornographes sont très pratiques. Pour parvenir à leurs fins, tous les moyens sont bons.

  6. Très bon post. En effet, on a encore beaucoup de leçons à apprendre de l’industrie de la pornographie sur le web. Je suis d’accord avec le fait qu’il faut risquer plus et être plus créatif afin de trouver de nouveaux modèles d’affaires et de nouvelles stratégies pour mieux positionner les entreprises sur le web. Malheureusement (et trop souvent!), il est nécessaire d’éduquer les clients sur la valeur ajoutée et la pertinence d’aller vers telle tactique ou tel modèle d’affaires, bien que ceux-ci soient déjà bien connus. Alors on imagine pour prendre des risques et tester de nouvelles avenues sur le web! Peut-être tester de nouvelles tactiques avec un ”carré de sable” peut être un bon compromis pour les clients qui ne veulent pas trop se mouiller? ;)

  7. En effet, en 1999-2003, le Marketing en ligne était déjà très actif à Montréal dans le monde de l’adulte, les pros souvent encore dans l’ombre aujourd’hui, y ont pas mal tous fait leurs faits d’arme. La notoriété de Montréal à l’échelle nord-américaine en terme d’expertise ne ses pas ternies.

    L’affiliation et les changements vécus dans le domaine de l’adulte depuis 2 ans au niveau du marketing Web sont précurseur, cela reste très formateur.

  8. Ils sont bon ouais mais pas tant que ca, et puis maintenant ils commence a être largués
    C’est vrai qu’ils font du CPA depuis 10 ans au moins mais ca reste une industrie de production de contenu bien avant le marketing web. D’ailleurs, il suffit juste de produire de la porno exclusive et de la mettre sur son serveur pour recevoir du trafic en énorme quantité, SEO ou pas.
    C’est pas les pervers qui manque dans ce bas monde :)
    J’ai moi-même fait mes classes dans cette industrie et je peux vous assurer quand j’ai énormément plus appris sur le web marketing dans les agences que dans le porn.
    Je suis sur qu’on va commencer a voir de plus en plus de grosse boite porno faire appel a des agences SEO, SEM mainstream.

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