Demain, je donne une formation sur la rédaction web chez Logiq (Les Offices Jeunesse Internationaux du Québec). Si ma présentation n’était pas déjà préparée, je prendrais comme exemple le site web du Parti Libéral du Canada.

Ce n’est pas seulement avec ses vidéos que le parti Libéral a des problèmes! Leurs textes violent à peu près toutes les règles de la rédaction web (les exemples que je cite ici datent de vendredi).

Voyons les choses du point de vue de l’internaute. Vous le savez, le parti a vécu une crise qui a mené à la nomination d’un chef intérimaire. Les enjeux de communication sont majeurs. Sur l’accueil, cette photo (très bonne d’ailleurs):

 

Sauf que…

Évitez les gros blocs de texte qui font peur

Quand l’internaute clique, il tombe sur un message “à la soviétique”. (Si la page est corrigée, vous pourrez toujours voir sa version originale ici).

Mes commentaires :

  • Titre en majuscules sur trois lignes!
  • “Déclaration”, “Communiqués”… des mots qui évoquent une administration lourde et déficiente, alors que le message devait en être un de renouveau et d’optimisme!
  • Aucun mot-clé en évidence, aucun exergue, pas d’intertitre, paragraphes trop longs. Le texte n’est pas structuré pour le web. C’est le modèle “gros bloc de texte qui fait peur”.

 

Utilisez des mots de tous les jours

Sur la page d’accueil, il y a aussi ce message :

Un seul commentaire:

  • “Canadien progressiste” ne veut rien dire! Ce n’est pas comme ça que les gens parlent. Peu importe si le mot est exact, il est trop intello. Le message ne colle pas.

Et quand l’internaute clique, il tombe sur une page pour le moins surprenante (pour voir sa version originale, si jamais elle est corrigée.)

Quelques éléments de base :

  • Le titre est toujours aussi médiocre.
  • La première phrase est complexe. Plutôt qu’un point virgule, il fallait mettre un point et faire une deuxième phrase.
  • Les deux premières phrases sont trop longues : trois lignes chacune.
  • Mais surtout, la mise en page est encore de type “gros bloc rébarbatif qui fait peur”. Ça ne donne pas le goût de lire. Il a fallu que je me force.

Rédaction web et lecture web

Certains passages sont… ouf! Que penser de :

“le chef du Parti libéral Stéphane Dion et le caucus libéral ont mis de côté leurs divergences d’opinions”

Deux problèmes majeurs avec cette phrase :

  • L’information est périmée. Michael Ignatieff est le chef intérimaire!
  • Le message est vraiment contre-productif. Est-ce qu’ils voulaient vraiment mettre de l’avant les divergences internes du parti? Ce n’est peut-être pas ce que le rédacteur voulait dire, mais c’est ce que plusieurs internautes liront!

Dix jours après sa mise en ligne, personne n’avait trouvé le temps de corriger la page.  Cela ressemble à un texte qui n’a pas été relu avant sa publication par quelqu’un d’autre que le rédacteur. Cela ressemble aussi à un site web qui n’est pas lu par son webmaster.


Oui il y a une solution simple

Le parti Libéral du Canada n’est pas le seul parti politique à avoir d’importantes lacunes en communication web. Une solution simple existe pourtant, et pourrait être appliquée à tous les partis.

Il y a des centaines de stratèges web très compétents au Canada. On peut imaginer que plusieurs d’entre eux ont à coeur le succès du parti Libéral.

Un peu comme Philippe Leroux, de VDL2, a aidé Québec Solidaire lors des dernières élections provinciale (avec succès d’ailleurs), le parti Libéral devrait mobiliser ses militants pour structurer ses communications internet. Un peu de formation, des check lists à respecter, un plan d’action simple… A peine quelques dizaines d’heures de bénévolat feraient une énorme différence!

Tout ce qui manque, c’est un leadership. En théorie, le parti Libéral du Canada vient de régler ce problème.

Quelques liens pour en savoir plus sur le retard de nos partis politiques en communication internet:

Et pour en savoir plus sur la rédaction web;-)

3 réponses à “Rédaction web atroce au Parti libéral du Canada”
  1. Philippe Le Roux dit:

    Cher Étienne,

    Euh… Je suis un peu surpris de voir mon agence citée dans ce message. Oui, j’ai donné un coup de main à Québec Solidaire durant les élections, entre autre parce que c’était le seul parti qui s’est branché sur le web conversationnel, mais c’était à titre personnel et ça n’engageait personne autre que moi.

    VDL2 est fière d’avoir une équipe ouverte avec des personnes impliquées dans une grande diversité de causes, autour des valeurs humaines qui nous rassemblent tous partis confondus. Réduire une équipe aussi riche et diversifiée aux actions d’une seule personne, fusse-t-elle le président, ne rendrait pas justice à la richesse de cette équipe.

    Avec le nombre d’experts web renommés qui ont appuyé publiquement Québec Solidaire ou d’autres partis durant la dernière campagne, je me sens un peu gêné d’être la seule référence “de stratège web très compétent au Canada”, mais je te remercie pour un tel compliment.

  2. 1

  3. Philippe,

    Désolé du délai à répondre. Je précisais qui était ton “employeur” pour permettre aux lecteurs qui ne te connaissent pas personnellement de te situer. Il s’agit quand même d’une agence dont tu es l’un des trois fondateurs et le président actuel!

    C’est vrai qu’à titre individuel, tes collègues et toi sont beaucoup impliqués dans diverses causes autour de valeurs humaines qui vous rassemblent. C’est admirable.

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